MOUVEMENT DES SANS VOIX BURKINA FASO

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Balai Citoyen : Mise au point sur la campagne de dénigrement du mouvement

Depuis plusieurs jours, des écrits sur les réseaux sociaux et dans les journaux font croire que le torchon brûle entre « Balai citoyen de Bobo » et « Balai citoyen de Ouaga ». Certains écrits ironisent sur le balai qui « s’éparpille entre Ouaga et Bobo ». Tous ces étalages visent à démontrer qu’il y aurait une crise interne dans le mouvement, une scission entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

 

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Soucieux de la bonne marche de notre organisation, de nombreux Burkinabè, militants et sympathisants, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, nous ont interpellés pour comprendre la situation qui prévaut réellement.

Par la présente, nous tenons à leur donner, et du coup à ‘intention de l’opinion,  des clés pour comprendre la campagne de dénigrement orchestrée contre le mouvement et rassurer les uns et les autres par la même occasion que le Balai Citoyen reste entier et intact.

D’abord, il faut souligner que le Balai Citoyen est un mouvement un et indivisible piloté par une coordination nationale basée à Ouagadougou et des démembrements dans les régions, provinces et communes. Il existe des coordinations régionales dont celle de Bobo-Dioulasso. Ces coordinations régionales sont mises en place par la coordination nationale et travaillent sous sa coupe. Il n’y a donc pas deux « Balai Citoyen » dont une à Ouagadougou et l’autre à Bobo-Dioulasso comme tentent de faire croire les calomniateurs.

Ensuite, sur l’existence d’une crise entre la Coordination nationale et le démembrement de Bobo-Dioulasso, nous tenons à réaffirmer qu’il n’y a pas de crise, mais simplement un besoin de recadrerle fonctionnement de la coordination régionale très affectée par des actions solitaires d’un de ses membres. Pour rappel, la coordinationrégionale de Bobo-Dioulasso a été installée en 2013 de façon provisoire avec pour mission de faciliter la structuration du mouvement dans la région des Hauts Bassins et de répondre aux mots d’ordre du mouvement concernant les questions d’intérêt national ou local. Elle a mené des activités qui ont rehaussé l’image du mouvement dont le sit-in pour la réhabilitation de l’hôpital Sourou Sanon, le sit-in devant la SONABEL contre les délestages et la participation active dans l’insurrection populaire des 30 et 31 Octobre 2014. Ces actions ont été réalisées en partenariat avec d’autres organisations. Ces actions ont eu du succès par l’adhésion massive des populations grâce au dynamisme de nos camarades de la coordination régionale et au crédit que les citoyens accordent au mouvement dans son ensemble. Malheureusement, il y a également eu des actions qui ont moins réussi dont la marche du 28 juin 2014 contre l’ex-maire de Bobo, la tournée de sensibilisation au grand marché de Bobo le 5 février dernier et bien d’autres actions. Concernant la plupart de ces actions peu glorieuses, la coordination nationale a été mise devant le fait accompli. Après renseignement, il nous revient régulièrement que même les membres de la coordination régionale ne sont pas impliqués dans la prise de certaines décisions présentées et exécutées au nom du mouvement. A la vérité, ce sont deux individus, abusant de la confiance placée en eux par la coordination nationale, qui entreprennent certainesactions au mépris des règles de fonctionnement du mouvement.

Il s’agit de Dao Moussa Serge, ancien administrateur de la page facebook du mouvement et de Diakité Kaba Alexandre, ancien coordonnateur régional. L’un a été suspendu du mouvement depuis juillet 2014 et l’autre a été radié en février dernier. Que leur reproche-t-on de manière précise ?

Dao Moussa Serge : Dès son lancement en 2013, le Balai Citoyen a décidé d’animer une page facebook. La gestion a été confiée à un sympathisant (Dao serge moussa) résidant à Bobo-Dioulasso et engagé à accompagner le mouvement de façon volontaire. A la mise en place de la coordination nationale en août 2013, on lui a demandé de travailler en étroite collaboration avec les chargés à la communication, cela pour filtrer et réduire les publications souvent fantaisistes et inutilement provocatrices à l’encontre de certains acteurs de la vie politique nationale. Sur les comptes du mouvement, il se livrait en outre à des sollicitations contraires à l’éthique et aux objectifs du mouvement. Il y a eu par exemple cet appel à soutenir la candidature de Jean Baptiste Natama qui a été lancé sur la page Facebook du Balai sans qu’aucun autre membre du mouvement ne soit saisi de la questionPour avoir le contrôle de sa communication, la coordination nationale lui a demandé de partager avec les chargés à la communication les codes d’accès aux différents outils de communication du mouvement (page facebook, comptes mails, twitter, etc.).  Face à cette exigence somme toute logique, Serge Daoa multiplié de faux deadlinespour ne pas s’exécuter. Il a été interpellé à plusieurs reprisessur son attitude, mais n’a jamais pu donner des arguments convaincants sur son refus de s’exécuter. La Coordination nationale l’a convoqué à Ouaga plusieurs fois et s’est entretenu avec lui afin de lever les points d’incompréhension et lui montrer sa bonne foi.Mais peine perdue. Pour partager ces codes, Sergea exigé ni plus ni moins que le poste de Secrétaire permanent du mouvement avec résidence à Bobo-Dioulasso lui revienne de droit.Face à ce chantage, Dao Moussa Serge a été mis en demeure le 29 juin 2014 et suspendu de ses fonctions d’administrateur de la page le 5 juillet 2014.Après des menaces de poursuites, il a fini par remettre le code d’accès de la page facebook et un compte mail. Mais d’autres outils sont restés sous son contrôle comme le compte « cibalinbox ».

Il a ainsi abusivement continué à utiliser ces outils de communication du mouvement à des fins inavouéeset personnelles, créant l’amalgame souvent entre les positions du Balai et ses publications propres à lui. Non content de bénéficier de cette clémence du mouvement, il a osé revenir après l’insurrection populaire pour supplier la coordination nationale de parrainer sa candidature au Conseil National de Transition (CNT). Il lui a été signifié qu’il n’avait aucune qualité pour représenter le Balai Citoyen, nonobstant même la décision prise de ne pas intégrer les organes délibérants de la transition (gouvernement, CNT, Délégations spéciales). Malgré tout, il a continué sa campagne auprès de certains membres de la coordination nationaleallant jusqu’à évoquer sa situation de diplômé sans emploi, croyant infléchir les positions.N’ayant pas eu gain de causeet  une oreille attentive au sein du Balai,il a néanmoins déposé sa candidature sous la bannière d’une autre structure ; mais malheureusement pour lui, il a été recalé par le collège de désignation, faute d’avoir rempli les conditions exigées.

Il s’est lancé depuis quelques jours, dans une entreprise de sabotage de l’image du mouvement. Ce qu’il recherche visiblement, c’estmettre à mal la crédibilité et la cohésion du groupe. Il tente d’opposer « Bobo »à « Ouaga » comme s’il y a deux mouvements. Il active le régionalisme en espérant gagner la sympathie de certains esprits qui peuvent être sensibles de bonne foi à cette rhétorique. Mais il oublie que la section de Bobo l’avait d’ailleurs désavoué officiellement dans une correspondance datée du 4 décembre 2014 : « La coordination régionale reconnait avoir été sur quelques points, manipulée par Dao Moussa Serge qui a mené quelques actions individuelles au nom de la coordination régionale de Bobo.» Face à ce désaveu, il a entrepris de semer la graine de la discorde. Il avait créé, tout juste après l’insurrection populaire, une autre page facebook dénommée « le Balai national » pour servir son projet trouble. N’ayant pas eu le succès escompté, il vient de lancer un prétendu « collectif Balai citoyen de Bobo-Dioulasso » soutenu par d’autres frustrés comme l’ex-coordonnateur du mouvement à Bobo.

Diakité Alexandre : Il a plusieurs fois été entendu sur des manquements graves à la discipline du mouvement. Des missions ont été effectuées à Bobo par la Coordination nationale uniquement dans le but de s’entretenir avec lui et plusieurs fois ses frais de voyage et de séjours ont été pris en charge pour qu’il vienne répondre à une convocation de la Coordination nationale à OuagaMalgré les mises en garde et les conciliabules entrepris par des personnes ressources de Bobo-Dioulasso pour plaider l’indulgence de la coordination nationale en sa faveur, il a continué dans des actes de défiance. Sans exhaustivité, on peut retenir les faits suivants :

-      Diakité a participé, le jeudi 15 janvier 2015, sans l’avis de la coordination nationale, à la conférence de presse du Syndicat libre des cheminots du Burkina (SLCB) et y a pris la parole au nom du mouvement. Pour obtenir l’adhésion de la coordination régionale de Bobo, il a fait croire à ses membres que la coordination nationale, par l’intermédiaire du porte-parole Kam Guy Hervé, avait donné son accord. Il s’est en outre abstenu d’appliquer la décision de la coordination régionale qui lui a demandé d’informer la coordination nationale de la date de la conférence de presse.

 

-      Courant janvier, Diakité en tant que responsable du mouvement à Bobo est intervenu dans un différend foncier, notamment l’affaire opposant monsieur MANLI Hamidou à SOGODOGO Mohamed, sans l’accord de la coordination régionale, encore moins de la Coordination nationale. Dans cette affaire, il a entrepris, au nom du mouvement, plusieurs démarches tant à l’endroit du gouverneur que d’autres autorités locales sans aucune information, ni de la coordination nationale, ni même de la coordination régionale. Il a foulé au pied le principe du mouvement qui est de ne pas se mêler des affaires strictement privées.

 

-      Le 5 février, Diakité a proféré des menaces et des injures à l’encontre des commerçants du grand marché de Bobo sur les antennes d’une radio lors de la préparation du meeting du 7 février 2015.Faits graves ayant inutilement mis en danger ses camarades et entrainés l'agression d'un cibal à la machette ainsi que la destruction de matériels et d'un véhicule.

 

-      A la tribune lors du meeting du 7 février, il a appelé à la création de groupes d’auto-défense, des milices en sorte, pour faire face aux provocations des adversaires. Il s’est également emporté contre les journalistes jugés incompétents et partisans. Ces propos graves violent l’esprit de notre charte qui prône la non-violence.

Avant la commission de ces faits, Diakité s’était déjà illustré dans des violations graves sur lesquelles des rappels à l’ordre lui ont été faits, des lettres d’explication lui ont été adressées et une mesure conservatoire de suspension prise contre lui. Par exemple sa décision de se porter candidat au CNT et à la délégation spéciale de Bobo-Dioulasso. Malgré cette suspension, il a animé une Assemblée Générale le jeudi 27 novembre 2014, à la Maison des jeunes d'Accart-ville ; le 29 novembre 2014, au cours de la rencontre de la population de Bobo avec le Premier ministre Zida, il a parlé au nom du Balai Citoyen  et a participé à une manifestation au nom du Balai Citoyen le 30 novembre 2014.

En outre, Diakité a participé à plusieurs reprises (décembre 2014, janvier et février 2015), au nom du Balai Citoyen, à des rencontres organisées par des organisations de la société civile sans informer la coordination nationale et la coordination régionale.

Diakité a persisté dans la violation réitérée de l’esprit, des principes, des orientations et des décisions du mouvement et porté ainsi atteinte aux idéaux du mouvement malgré toutes les observations orales et écrites à lui faite. Il est resté dans la dénégation, compromettant ainsi la cohésion au sein du mouvement, la réalisation de ses objectifs et ses relations avec les organisations partenaires.

 

Nous croyons que lever le voile sur ces pratiques peut aiderà rassurer les nombreuses personnes qui nous interpellent quotidiennement à travers le monde et cherchent à mieux comprendre. Nous vous invitons donc à ne pas vous alarmer des informations mensongères que Dao Moussa Serge et ses complices sont entrain de propager sur la toile, et depuis peu dans les journaux en se cachant derrière de multiples profilsde comptes facebook notamment. Ils sont dans une entreprise de dénigrement du mouvement et mettent en avant la présence du juge Bagoro au gouvernement et de Me Guy Hervé Kam dans la Commission de réconciliation nationale et des réformes politiques pour appâter l’opinion sur la prétendue participation du mouvement dans des organes de Transition.

Nous tenons à préciser une fois de plus que le Balai Citoyen n’est pas partie prenante dans les organes délibérants de la transition. C’est une position arrêtée conformément à la Charte du mouvement qui dit que le Balai Citoyen est un mouvement de veille citoyenne, de contrôle de l’action des autorités. C’est pourquoi, des membres de la coordination nationale du Balai Citoyen, contactés pour faire partie du gouvernement en novembre dernier, ont décliné l’offre. Quant au juge Bagoro, il ne fait pas partie des instances dirigeantes du mouvement. Il faisait office de personne ressource du mouvement au même titre que d’autres, notamment sur des questions juridiques. A ce titre, la décision du mouvement ne peut pas le lier nécessairement. Il est libre de ses engagements et de ses choix. Du reste, le Balai Citoyen n’a pas été consulté pour sa nomination au gouvernement. Connaissant ses qualités professionnelles et humaines, nous nous sommes simplement réjouis de voir une telle personne appelée à la responsabilité qu’il occupe actuellement.Du reste, la présence de Bagoro et de tout autre supposé membre du Balai Citoyen au gouvernement ne nous a pas empêché de dénoncer le même gouvernement quand il le fallait. Nous avons ainsi été les premiers à contester la nomination de SagnonAdama dans le gouvernement et l’un des rares mouvements à aller soutenir les travailleurs du ministère des Transports qui exigeaient le départ du ministre Djiguemdé. C’est également après l’audience demandée et obtenue par le Balai Citoyen auprès du président du CNT que l’opinion a eu les vraies informations sur les émoluments des députés et finalement leur réduction. Toutes ces actions ne seraient pas possibles si nous participions dans un des quelconques organes délibératifs de la Transition.

Sur la présence du porte-parole Kam dans la Commission

Selon la charte de la transition, les organes de la transition sont : Le président de la transition, le gouvernement de transition et le conseil national de transition.La commission de la réconciliation national et des reformes n’est pas un organe de la transition encore moins un organe délibératif. C’est une structure comme le Collège de sages chargé de faire des propositions de réformes et de donner des pistes allant dans le sens de la réconciliation nationale. Ces recommandations seront transmises au gouvernement et au CNT. Quitte aux différents acteurs de faire le plaidoyer ou la pression nécessaire pour que ces recommandations soient traduites en décisions gouvernementales ou en lois au niveau du CNT. En attendant cette phase, le Balai Citoyen ne s’oppose pas à la participation d’un de ses membres dans cette commission. Celui-ci a d’ailleurs décidé de ne pas toucher un kopeck durant les cinq mois de mandat de la Commission. Le mouvement lui souhaite ainsi qu’à ses collègues beaucoup de courage et de lucidité dans leur travail.

En tout état de cause, le Balai Citoyen continuera sa missionqui est de« constituer une force de propositions et de pressions pour le changement social par l’engagement citoyen ».

 

 

 

Jeudi 26 mars 2015

Le service de communication



27/03/2015
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